Les Forçats d'Hawaï

Publié le par les taquets de Cayenne




     C'est en 1978, le 18 février précisément, que Honolulu a accueilli quinze pionniers. Quinze hommes qui prétendaient tous au titre d'Ironman ("l'homme d'acier"). Cette distinction revint finalement à Gordon Haller, le premier à franchir la ligne d'arrivée après onze heures et quarante-cinq minutes, 3,85 km de natation, 185 km de vélo et 42,195 km de course à pied.

    L'an dernier, pour les trente ans de l'épreuve, ils étaient dix-huit cents sur la ligne de départ, ce qui situe bien la croissance de la discipline. Et ce samedi 10 ocobre 2009, ils devraient être encore très nombreux à se disputer la victoire. Des Australiens, des Américains et des Européens, dont quelques Français, comme Simon Billeau, troisième de l'Ironman de Nice ou encore Patrick Vernay, sixième l'an passé à Hawaï, et qui est un prétendant crédible au Top 5.



     Car, comme l'explique Stéphan Bignet, 38 ans et spécialiste du triathlon longue distance, "il n'y a pas de nation dominante, ni d'athlète qui écrase la concurrence." "C'est dû au fait, explique-t-il, que la discipline s'est très largement professionnalisée. Aujourd'hui, une société privée gère les Ironman d'une manière extrêmement sérieuse." Ce qui a comme conséquence de pousser les athlètes à en faire toujours plus, et notamment au niveau de la préparation.



     Des athlètes qui mettent toutes les chances de leur côté. "Les sportifs présents à Hawaï partent huit à dix jours avant la date de l'épreuve pour s'habituer aux conditions d'humidité et de chaleur", relate Bignet. "Et c'est valable aussi bien pour les meilleurs mondiaux que pour les autres." Les "autres", ce sont ceux qui n'ont pas la capacité de finir la course en huit heures mais qui se battent toute la journée pour rallier l'arrivée.



     Comme l'explique Bignet, "lors d'un Ironman, il y a la notion de performance chronométrique mais pas seulement. L'ambition de la majorité des concurrents est d'être "finisher". On peut ensuite arborer avec fierté le tee-shirt que l'on nous remet à l'arrivée." L'Ironman, et plus particulièrement celui d'Hawaï, est donc un formidable moyen de repousser ses limites. Pour Stéphan Bignet, "c'est avant tout une course contre soi-même, contre son corps et son esprit. Une lutte physique et psychologique. Certains finissent en dix-sept heures mais ils remportent eux aussi une victoire."

Frédéric Roullier, Le Monde.fr

Publié dans Le triathlon

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