Marathon de l'Espace, avril 2008 - Kourou

Publié le par les taquets de Cayenne

Ils l’ont fait !

 

Ils l’avaient annoncé comme un des événements phares de cette saison taquettiste : le 18ème marathon de Kourou serait leur baptême du feu. Après de longs mois de préparation, les taquets ont été, une fois de plus, fidèles au rendez-vous. Le 6 avril 2008 à 6 heures du matin ils ont quitté la pointe des roches en compagnie de 129 autres concurrents pour attaquer les 42 kms 195 de ce qui est sans doute le marathon le plus difficile de France (quelle belle inconscience !). Imaginez : 1 ligne droite bitumée interminable dans la jungle à faire en aller-retour (25 kms), agrémentée d’un petit périple dans la ville de Kourou, sous une température frisant les 30 degrés... Quatre taquets (Elodie, Cédric, Michel et Laurent) étaient sur les starting-blocs. Quatre autres les accompagnaient en vélo, dans le rôle ingrat mais essentiel du ravitailleur : Sarah aux petits soins avec Cédric, Julien ravitailleur-entraîneur pour Elodie, Greg en force pour Michel et Fahed le diplomate pour Laurent.

 

6h : départ de la pointe des roches. Elodie arrive en catastrophe derrière la ligne 10 secondes avant le top. whew ! il fait nuit sur Kourou et les coureurs sont encore frais comme des gardons. Boboss a décidé de courir en musique, Laurent et Michel démarrent tranquillement à 5’10 au kilomètre, Elodie... se remet de son sprint de 5h59.

 

6h15 : les 132 coureurs de l’édition 2008 sont toujours dans la ville, des jets d’eau on déjà été enclenchés pour rafraîchir la troupe qui n’en a pas vraiment besoin pour l’instant. Très vite le peloton s’étire.

Sans difficulté, tout ce petit monde attaque la fâcheuse ligne droite de la route de l’espace. Comme prévu, en tête, Michel, Greg, Laurent et Fahed (qui manque de chuter quand son sac se prend dans les rayons de son vélo).

L’ambiance est sympathique, les coureurs sont applaudis par les badauds, mais aussi par des gendarmes et une caserne entière de pompiers arborant les couleurs des taquets.

             

 
10ième Km :
Elodie: « j’ai une douleur dans la cuisse droite, no panic ! Je me dis que ça va passer et je reste stoïque…. »

 

 




Alors que les installations d’Ariane sont en vue, déjà les premiers ont fait demi-tour et avancent à vive allure, ce qui ne laisse pas d’impressionner les taquets (qui savent reconnaître leurs limites). Aux 21 kilomètres, Michel, en 1h49mn21 sec, a pris 16 secondes d’avance sur Laurent qui le laisse filer. Ils pointent respectivement aux 52 et 53ème places.

 

L’écart grandit peu à peu alors qu’il faut prendre la route du retour. Du coup, les taquets se croisent (ah ah) et s’encouragent sur la route de l’espace. Cédric, qui a commencé à compter tous les coureurs croisés au demi-tour s’imagine déjà 82ème et semble ravi.



 

 

 

  

8h21 : Elodie : « Semi franchi! Je vais pouvoir (enfin !!) courir dans le même sens que les autres participants…. je tourne au  tour du  bidon où il me semble avoir aperçu un 2H 21... Je m’encourage en me disant « allez maintenant je rentre !! »….

 

     

 



25ème kilomètre
: les difficultés commencent pour Laurent, dont les cuisses sont douloureuses et la fréquence cardiaque augmente. Mais rien d’alarmant encore. Michel est loin devant maintenant et double beaucoup de concurrents. Que cette ligne droite est longue, longue...

 

 

Laurent : « le type devant moi court au même rythme que moi depuis au moins 15 bornes. Mais il a une façon de traîner les pieds qui est assez horripilante. « frrt frrt frrt » . Je résiste longtemps à la tentation d’accélérer pour le dépasser. Finalement j’y parviens sans trop forcer... ouf ! »

31ième Km (ou peut-être avant) Elodie : « j’entends mon esprit me dire « cela me ferait beaucoup de bien si je marchais », je lutte contre ça , je me dis hors de question, je n’ai pas prévu de m’arrêter et je ne m’arrêterai pas !! »

 

 











9H00, kilomètre 34
 : c’est le drame : Michel témoigne : « 

3h00 de course, c’est l’heure du gel. Pour une fois, je décide de boire une gorgée avant, je demande donc ma gourde à Greg, mon fidèle écuyer, et la patatras, j’avale de travers !!! Une toux s’en suit, puis des vomissements qui me laissent 3 min sur le coté. Un fois fini, je me remets et repars en me disant que finalement ça va. En effet, je me sens bien. Mais cela ne va pas durer, 1 km plus loin (35ème) c’est LE COUP DE BARRE, plus moyen d’avancer, mes jambes ne suivent plus, la tête tourne. Je dois donc m’arrêter et marcher un peu.

 

 

Laurent : « Alors que j’aborde la remontée vers la banlieue de Kourou, j’aperçois Michel sur le bas côté en train de vomir. Je lui crie en passant quelques encouragements. Physiquement je me sens encore pas trop mal, malgré les cuisses douloureuses que je calme en aspergeant d’eau. Je commence à doubler des coureurs. il semble que je me trouve en plein dans la zone des « coups de barre » et cela m’inquiète un peu. La ligne droite pour aller vers le rond point de la fusée semble ne jamais finir. »

 



 





38ème kilomètre
: deuxième coup d’arrêt pour Michel, qui prend le temps de boire beaucoup et d’avaler des quartiers d’orange. C’est suffisant pour lui permettre de repartir en trottinant.

 

Les deux derniers kilomètres sont terribles pour tout le monde...

 

39ème kilomètre : Laurent : « Dans les rues de Kourou, le spectacle est étrange. Les jets d’eau aspergent tout ce qui passe, les marathoniens ont tous des airs de zombies titubants. Tous semblent souffrir et avoir beaucoup de mal à terminer. Devant et derrière moi, que des militaires en blanc. Ils me font pitié, vraiment, je compatis à leur douleur car je vis la même... J’ai plusieurs fois envie de chialer...

Un jeune cycliste Kouroucien passablement éméché se prend d’affection pour mon maillot qu’il prend à tort pour celui du Portugal et se met à me suivre en bredouillant des encouragements. Il va me casser les c.... jusqu’à la ligne droite de la plage, malgré l’extraordinaire travail de diplomate de Fahed, qui fait tout pour le maintenir à distance. 1km avant l’arrivée, je me retourne et lui dit de se casser. Ca marche. Fahed m’annonce en plus qu’il est tombé de son vélo. »

 






9h49 
: Arrivée de Laurent en 3h49mn02 s, après un petit sprint (enfin ce qu’il croit être un sprint) dans le dernier kilo qui lui permet de dépasser 5 ou 6 concurrents. Il termine 36ème du scratch et 17ème de sa catégorie.

 











10h05 : Michel trouve les ressources pour finir à la 62ème place du scratch (34ème senior), en 04h05mn 01s, et passe la ligne d’arrivée sous les encouragements de la foule et du speaker, visiblement impressionné par le nom des « taquets ».

 











10h11 
: Pour Cédric les derniers kilos sont aussi difficiles. C’est seulement grâce à Sarah qu’il ne finit pas en marchant : « le plus dur fut les 2 derniers kilomètres où le cerveau semblait déconnecté des jambes... tel un robot, ma moyenne semblait avoisiner 8km/h... » A l’arrivée il prend sa position favorite du finisher, tête en arrière, épaules relevées, captage d’air maximum et termine en 4h11mn14s, 72ème  et 38ème de sa catégorie).

 

 

 






11h21 : Elodie apparaît avec le sourire et déboule vers la ligne d’arrivée en fumant littéralement un concurrent qui était devant elle. Heureuse, elle accomplit un vieux rêve de gamine en bouclant son marathon

« Enfin, dernière montée avant l’arrivée…, toujours plein de félicitations même si dans ma tête je me dis « mais je n’ai pas encore franchi la ligne d’arrivée… »

J’entends à présent le commentateur, tout d’un coup, j’aperçois devant moi un homme qui va atteindre la ligne d’arrivée, il va très lentement, je peux le rattraper, je cours le plus vite possible et je le double !!  YES !! »

Elle franchit la ligne d’arrivée après 5h21mn41s d’efforts (123ème et 9ème de sa catégorie)

 









Tout notre petit monde arrivé, chacun s’étire comme il peut, même si les douleurs rendent l’opération très difficile. Les ravitailleurs soignent leurs fessiers endoloris et leur dos en compote. Béa immortalise l’instant en prenant en photo les héros du jour. Personne ne parle encore de l'édition 2009. Pour l’instant on savoure dans la douleur l’exploit accompli...

 

On l’a fait !!!!

 

 

 

Ils ont dit :


Laurent : « putain, là c’est dur »


Boboss : « plus jamais ça !!! ... 2h ça va, 3h ça va, 3h30 ça va... 4h00, bonjour les dégats !!»


Michel : « fin désastreuse mais super heureux d’avoir fini ce 1er marathon ».


Elodie : « la douleur fait partie du marathon…t’es là pour en chier !! »

 



PS. Et un grand merci à Bertrand, qui nous a concocté des plans d'entraînement au p'tit poil! 


Ne manquez pas non plus le compte rendu complet
 et émouvant d’Elodie en cliquant ici

 

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G
Salut les taquets,<br /> Vous ne me connaissait peut-être pas mais moi je vous connais...je suis gaétan de l'ASL...et j'ai été dépassé juste avant la ligne par laurent...alors je vais vous péter la gueule. Non sans blague je vous écrit pour vous dire que nous sommes aussi sur over blog, nous avons odieusement pompé sur vous, donc nous avons changé de site :aslmaroni.over-blog.com/<br /> Eh oui on est de gros copieurs, bon je voulez aussi vous dire qu'il ne faut pas manquer deux évênements dans l'ouest : le duathlon de Mana, la meilleure épreuve combiné de Guyane...et le marathon de l'ouest organisé par nous avec un nouveau parcours et la possibilité de faire un semi.<br /> Nous avons des bons plans pour l'hébergement...merci de me contacter sur mon mail si vous voulez en savoir plus : gaetandirou@yahoo.fr<br /> Que la force soit avec vous les taquéiste, mais toujours un peu moins que l'ASL.<br /> Gaétan
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